Le virus RFSV-1 a subi une mutation brutale. D’abord discrets, les premiers cas ont rapidement laissé place à une contamination généralisée, touchant même les survivants les plus isolés. L’air lui-même semble désormais porteur du fléau, rendant toute présence prolongée en Zagorie extrêmement risquée.
Avant même que la situation ne bascule totalement, plusieurs témoignages faisaient état de survivants porteurs d’une forme mutée du virus, errant encore conscients… mais déjà condamnés. Leur présence, d’abord isolée, marqua le début d’une propagation bien plus rapide et incontrôlable que tout ce qui avait été observé jusque-là.
Très vite, l’ouest du territoire fut submergé. Les zones connues pour abriter les derniers groupes organisés tombèrent les unes après les autres, englouties par une infection devenue impossible à contenir. La Zagorie du Sud, déjà fragilisée, finit elle aussi par céder sous la pression.
Depuis plusieurs semaines, des appareils survolent la région. Des hommes apparaissent brièvement, distribuant des vaccins expérimentaux dont les effets ne durent que quelques heures… avant de disparaître sans laisser de trace. Avant de se retirer, ils ont laissé un message clair à ceux encore en vie : fuir vers l’est.
Face à cette progression fulgurante, les survivants n’eurent d’autre choix que d’abandonner camps, ressources et espoirs derrière eux, suivant cet unique espoir de survie.
Pendant plusieurs semaines, la Zagorie fut laissée à elle-même. Privée de présence humaine, balayée par les vents et le silence, l’intensité de la contamination sembla peu à peu décroître, comme si le virus, privé d’hôtes, entrait dans une phase de latence.
Des signaux faibles réapparaissent. Des silhouettes longent à nouveau les côtes. Les premiers survivants reviennent, prudemment, attirés par l’espoir de reprendre ce qui a été abandonné… ou de comprendre ce qui s’est réellement passé.